Compassion - Empathie - Humanisme

Derrière un humanisme flou se cache un véritable aveuglement, un maintien implicite des plus pauvres dans la misère. La souffrance des SDF a une fonction de cohésion sociale. Elle crée un repoussoir et permet d'adresser à chacun le message suivant : regardez ce que vous deviendrez si vous ne suivez pas le bon chemin, celui du travail et de l'intégration sociale...
Regardez comment nos institutions gèrent cette très grande pauvreté. Le plan grand froid, par exemple, est ouvert et fermé à dates fixes, de façon bureaucratique. Y aurait-il des limites thermiques au contrat social ? Que se passe-t-il la veille ou le lendemain de ces dates butoirs ? Pourquoi le Samu social est-il saturé en permanence ? Pourquoi les centres d'hébergement cumulent-ils les règles absurdes : horaires décalés, durée de séjour limitée...
... Pourquoi les Restaurants du Coeur ferment-ils l'été ? Mais on ne peut que constater l'énorme différence qu'il y a entre la tolérance bonhomme que la société éprouve à l'égard des SDF remis à la rue, situation dont on ne dira jamais assez la dureté, et l'émotion dont ont, par exemple, bénéficié les victimes du tsunami. Ces dernières sont innocentes. Pas le SDF. Il a fauté. Donc, on l'aide, mais juste ce qu'il faut. En échange, il devient une victime sacrificielle sur l'autel de la morale publique.
Compatir, c'est souffrir avec. La compassion n'est pas une émotion. Il s'agirait plutôt une attitude qui nous porte à être sensible à la souffrance de quelqu'un. Devant la douleur d'autrui, nous vivons alors différentes émotions. Il peut s'agir de tristesse, de colère, de révolte...toutes suscitées par ce que nous observons chez la personne qui en pâtit.
Il faut distinguer la compassion de l'empathie. L'empathie est une attitude qui rend capable de saisir ce qu'une personne vit émotionnellement, tel qu'elle le vit. C'est en quelque sorte la capacité de se mettre à sa place pour la comprendre "de l'intérieur".
Il faut également distinguer la compassion de l'identification. Dans l'identification nous nous mettons plus ou moins clairement et plus ou moins volontairement à la place de l'autre et réagissons comme si nous étions lui. L'identification se distingue de la compassion aussi par le fait qu'elle porte sur différents sujets, positifs comme négatifs, alors que la compassion n'existe que devant la souffrance.
Pour être capable de compassion, il faut savoir être empathique. C'est en effet parce que nous saisissons ce que vit l'autre que nous sommes amenés à être touchés. Si nous n'en avions aucune représentation, il nous serait impossible d'être émus.
Il est toutefois impossible d'avoir un amour et une compassion parfaitement purs avant d'avoir développé une certaine estime et connaissance de soi-même. Il est donc indispensable d'effectuer un travail spirituel sur soi avant d'aller aider les autres ou, tout au moins, de s'améliorer tout en leur portant simultanément secours.
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# Posté le mercredi 30 janvier 2008 08:19
Modifié le mercredi 30 janvier 2008 10:34